Dirigeantes n°1 : Sally Nyolo et 50 DG qui comptent au Congo

Le site de Dirigeantes vient d’être mis en ligne, avec la première édition du magazine et les premiers rassemblements de femmes dirigeantes en Afrique. Quelques mots de la marraine Sally Nyolo lors de la réunion 4D, à Pointe Noire (Congo)  :

“La déclaration de Philadelphie dit que le travail n’est pas une marchandise. La liberté d’association est un droit. La pauvreté est un danger pour l’humanité et la lutte contre la pauvreté un devoir pour tous. Tous les êtres humains ont le droit de poursuivre leurs rêves et d’avoir un travail décent.

Pourtant le travail des femmes a besoin d’être renforcé, notamment celui l’entreprenariat
féminin. Qui sont les femmes-entrepreneur ? Elles assurent souvent 60 % du bien-être de la IMG_5569famille. Elles entreprennent surtout entre 20 et 35 ans. Elles restent célibataires plus longtemps que les autres. 61% sont dans le commerce, 31% dans les services. Et 84% d’entre elles entreprennent sur un fond propre. Elles ne s’enrichissent souvent que pour la famille. Et elles sont confrontées à des difficultés particulières pour le financement de l’entreprise, pour la propriété du terrain. Elles subissent le harcèlement au travail, les violences domestiques. Le manque de confiance envers les femmes sont autant de freins à ces forces d’initiative et d’innovation.

Il faut donc promouvoir la figure de la femme entrepreneur. Aider ces femmes à démarrer leur
activité et soutenir cet entrepreneuriat féminin. Au Congo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, à Madagascar et en France, les rendez-vous sont pris avec Dirigeantes, pour nous réunir et soutenir ces femmes chef d’entreprise. Des actions ont été faites récemment au Bénin, en Ouganda, en Tanzanie, au Kenya et en Egypte avec des guides pratiques comme “Aller De l’Avant”, qui peut être utilisé dans l’accompagnement des femmes au Congo et peut être traduit dans les langues nationales.

De nombreuses autres actions sont possibles. Le BIT a l’expertise technique et l’expérience internationale, mais il lui faut un réseau de formateurs pour pouvoir transmettre et développer des compétences, faire du coaching, les aider à faire des business plan avant de se projeter. La chambre de commerce ou les organisations patronales peuvent le faire. Les femmes doivent aussi être solidaires en créant une association de femmes chefs d’entreprise, comme l’association des femmes juristes qui existe depuis 30 ans. 

Il est important aussi d’avoir un Ministère en charge de la parité, qui veille au développement des entreprises avec une répartition plus équitable des ressources et des responsabilités. Il faut adapter les lois pour alléger le système fiscal. Il faut prendre des mesures de lutte contre l’exclusion bancaire. On doit pouvoir garantir l’autonomie de la femme pour ses projets.

Elles ont aussi un rôle à jouer dans le réinvestissement dans le secteur agricole. Il faudrait les aider à sécuriser les rythmes de production et les chaînes de distribution tout comme leurs projets dans l’industrie agro-alimentaire. Il faut changer les mentalités comme les comportements dans la production agricole.

L’objectif est de transformer le monde en développant un entreprenariat conscient des problèmes qui nous entourent et prêt à relever les défis que pose l’esprit d’un développement durable. Tout le monde naît avec un talent. Le monde a à gagner si les femmes ont les mains libres.“

(Sally Nyolo, Dirigeantes, n°1, mars 2016)
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